• Laurie D.

Comprendre et se libérer de la dépendance affective

Beaucoup d’entre nous ont déjà entendu parler de dépendance : alcool, tabac, drogues, alimentation, séries, réseaux sociaux, jeux, sexe,… mais avons-nous déjà observé la dépendance affective ? Celle-ci est discrète et pas toujours évidente à remarquer, y compris envers nous-même. La dépendance affective est pourtant une position qui nous empêche d’être pleinement heureux.se en amour et est beaucoup plus courante qu’il n’y paraît ! Examinons ensemble cela de plus près.



Tout d’abord, comment cela se passe dans vos relations ? Êtes-vous plutôt du genre à téléphoner chaque jour à la personne aimée ? Est-ce que vous vous adapter toujours aux autres ? Vous n’osez pas donner votre avis ou affirmer vos besoins par peur de déplaire ? Votre priorité est de répondre aux attentes des autres ? Vous êtes en souffrance et en peur constante à l’idée de perdre vos ami.e.s ou votre partenaire ?


Aimer comporte effectivement un risque et parfois quelques souffrances, mais vivre dans la peur et souffrir constamment est un signe de dépendance. Si vous vous retrouvez dans ce profil et que vous souhaitez vivre plus sereinement vos (prochaines) relations, alors lisez la suite de cet article.


Géraldine Prévot-Gigant, psychopraticienne observe 12 comportements qui sont, parmi de nombreux autres, les principaux révélateurs d’une dépendance affective : la personne dépendante ne s’aime pas ou très peu, elle est passionnée, soucieuse de l’opinion des autres à son égard, elle a des attentes irréalistes, elle a besoin d’être complimentée et valorisée (voir post Comment mieux s’aimer et se le dire ?), elle a peur d’être abandonnée et rejetée (pour en comprendre l'origine, lire le post En quoi certaines blessures d’enfance influencent nos relations amoureuses ?), elle vit à travers son/sa partenaire pour ce qui est de la vie quotidienne et les décisions de couple, par conséquent, elle n’exprime donc pas ses propres besoins (pour des pistes consulter le post Les outils de communication indispensables à la survie d’un couple (en confinement)). Elle fait du chantage affectif envers ses proches et apparaît comme une victime, car elle choisit systématiquement des partenaires amoureux qui ne lui conviennent pas. Dès lors, elle vit des ruptures amoureuses à répétition.


L’origine de la dépendance affective est le manque d’estime de nous, le manque de connaissance intime de nous-même, de nos envies, nos rêves et d’affirmation de nos propres besoins. Cela nous relie encore et toujours à notre enfance, sans grande surprise, ainsi qu’à l’ancrage culturel catholique de nos contrées occidentales qui propose de faire passer l’autre en premier. Nous avons rarement appris à nous respecter d’abord nous-même pour ensuite être pleinement disponible aux autres. « Notre prochain » était prioritaire.


En effet, si nous avons eu des parents toxiques ils ne nous ont pas valorisés ni appris à nous estimer (plus de détails voir post Quand notre cœur amoureux est subtilement manipulé...). Cela peut nous amener à être sensibles, blessés, inquiets et anxieux. Nous ne nous aimons pas, et le vide présent en nous nous pousse à attendre des autres qu’ils le remplissent. Malheureusement ce n’est pas en cela que les relations saines peuvent s’épanouir. L’autre n’est pas là pour nous combler, malgré ce que les séries télévisées et films romantiques tentent de nous faire croire… (voir post Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...)


Par ailleurs, nous gardons en mémoire les messages négatifs reçus par notre famille (grands-parents, parents, fratrie,…) : cela crée en nous des croyances négatives qui ont été utiles à un moment donné, nous mettant à l’abri du danger. Mais elles nous limitent dans notre vie aujourd’hui et notamment en amour. De plus, si ce message négatif était accompagné d’une émotion forte, nous l’avons d’autant plus intégré comme étant une vérité.


Par exemple, lors d’une balade en famille, nous avons peut-être osé explorer et été trop loin ou nous avons agi dans le cadre d’un danger visible pour les adultes mais non pour nos yeux d’enfant curieux. Ils nous ont dit avec colère et peur « Tu es imprudent ! » et cette image de nous-même est restée ancrée en nous, nous empêchant de prendre des risques ou d’explorer des nouveautés aujourd’hui.


Un cas particulier est celui du jumeau perdu durant les trois premiers mois de grossesse. En effet, la personne ayant vécu cette fusion intra-utérine sera plus propice à développer une dépendance affective pour tenter de retrouver le sentiment d’union vécu si fortement avec ce jumeau avant son départ (plus de détails concernant cette thématique consulter le post L’influence des mémoires intra-utérines sur nos choix amoureux).


En outre, il est possible également que l’un de vos parents ou les deux soient aussi en dépendance affective : nous imitons ceux qui nous servent de modèles au quotidien. Pour le repérer, posez-vous la question de savoir s’ils étaient incapables de faire une activité seuls ? S’ils étaient stressés quand vous rentriez un peu plus tard que prévu ? Est-ce qu’ils téléphonaient tous les jours à l’un de leurs parents ? Étaient-ils fusionnels ? Invitaient-ils rarement des amis ? Ils ne se disputaient jamais ? Ils sortaient toujours ensemble ? L’un semblait déprimé en l’absence de l’autre ?


Si vous avez répondu « oui » à la majorité de ces questions il est fort probable que vos parents soient également dépendants affectifs. Maintenant que vous avez conscience du modèle que vous avez reçu, vous avez le choix de décider de fonctionner autrement et de vous libérer de ce qu’ils vous ont transmis.


Cela implique également d’observer la relation que nous avons avec nos parents actuellement : un lien trop étroit exprime une difficulté d’individuation et dans l’autre extrême, une coupure du lien montre une tentative maladroite de « défusionner ». Un lien juste, sain et équilibré avec nos géniteurs est une première étape vers une relation amoureuse épanouie (voir post Le mystère du coup de foudre dévoilé par la psychogénéalogie).


Puis, pour contrebalancer ces vécus et croyances négatives, plusieurs solutions s’offrent à nous : faire une liste de nos messages positifs reçus dans l’enfance (car oui nous en avons reçu beaucoup, nous n’y avons juste pas encore prêté beaucoup d’attention), faire une liste de nos qualités et les relire régulièrement, aller voir un.e professionnel.le qui travaille avec l’hypnose, la logosynthèse, les constellations familiales ou toute autre technique de déprogrammation des mémoires cellulaires,…


Enfin, pratiquons la méditation, la relaxation, la sophrologie pour nous détendre de l’angoisse d’abandon et de la peur du vide. Affrontons enfin nos peurs profondes pour les transmuter. L’idée est de nous réconcilier avec nous-même et d’arrêter d’idéaliser l’autre, de nous donner l’amour que nous méritons sans l’attendre de l’extérieur. Apprenons à gérer nos états émotionnels intérieurs pour entrer librement dans une relation saine et équilibrée sans avoir peur d’être quitté.e et en toute confiance de notre propre valeur. Parce que oui, nous sommes unique et nous méritons d’être aimé.e.



Pour aller plus loin :


- Consultations de love coaching ou de constellation familiale individuelle


- Atelier de groupe « (Re)Trouver mon Étincelle » à Bruxelles en octobre 2020


- Claude Marc Aubry « Se libérer de la dépendance affective. Prendre un nouveau départ en 5 semaines. » Éditions Jouvence, 2017


- Géraldine Prévot-Gigant « 50 exercices pour sortir de la dépendance affective » Édition Eyrolles, 2019



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