• Laurie D.

La danse de la séduction

La séduction n'est pas affaire d'attaque ou de stratégie comme on peut le lire souvent sur internet ou l'entendre dans les vidéos à succès. C’est intéressant de voir à quel point notre société parle du rapport homme-femme comme une affaire de combat, d'opposition, de manipulation, de guerre parfois selon les auteurs, dans laquelle la femme est une « proie » qu’il faut attraper. Et le séducteur gagnera en célébrité, en statut auprès de ses pairs et en succès auprès de ces dames s’il « capture » un grand nombre de ces « proies » féminines. Est-ce là une vision saine et constructive de la séduction ?



En effet, pourquoi mettre autant de termes guerriers pour une affaire de liens humains, de cœurs amoureux ? Pourquoi réduire l’autre genre à un animal à capturer ? Comment pouvons-nous décemment construire une relation d’amour durable et respectueuse entre deux partenaires heureux et amoureux en propageant une telle vision de la séduction ?


De tout temps, la séduction réussit à certains hommes et femmes et semble difficile d’accès pour d’autres. La nature nous dote de certaines compétences innées et de certains acquis construits selon notre parcours de vie : la socialisation, la spontanéité, la capacité à croire en sa beauté physique, la confiance en soi et envers les autres/la vie - laquelle dépend aussi largement de notre système d’attachement créé durant l’enfance (découvrir la vidéo sur ce sujet) -, la capacité à créer des liens facilement, à faire de l’humour, à être à l’aise face à une personne de l’autre genre,…


Il est effectivement possible de rectifier ou améliorer certaines compétences qui nous font défauts ou qui sont en déséquilibres (comme la confiance en soi,…) par des exercices ou des thérapies, sans toutefois changer radicalement notre personnalité (par exemple, un introverti ne risque pas de devenir un extraverti du jour au lendemain). Le tout est d’arriver à sortir de notre zone de confort sans nous travestir en une personne que nous ne sommes pas. Comme il est faux également de penser qu’il s’agit de devenir un.e extraverti.e sociable pour séduire une personne qui nous plait.


En effet, toute personne est désirable pour quelqu'un, d'autant plus si elle est en accord avec elle-même, heureuse, alignée avec ses valeurs et ses décisions de vie (voir post : Célibataire & heureux.se, pari (im)possible ?) . Il s’agit plutôt d’augmenter notre propre potentiel qui se traduira naturellement en atout séduction que de devenir quelqu’un d’autre. De plus, il n’est pas nécessaire de devenir un Don Juan pour rencontrer l’amour. Si cela était vrai, imaginez combien de personnes seraient actuellement célibataires… ?


Par ailleurs, en matière de séduction, il est vrai que les femmes ont perdu l’habilité de montrer clairement quand elles sont intéressées, comme c’était d’usage au début du siècle dernier. Les hommes étaient alors avertis par un non-verbal clair (regard appuyé, sourire,… à ce sujet, lire le post Ces signes de séductions qui ne trompent pas!) qu’ils avaient l’autorisation de commencer à les courtiser.


De nos jours, les codes sont devenus flous, imprécis, parfois même invisibles ou inconnus des deux genres. Un homme peut commencer à courtiser une femme qui n’a jamais émit le moindre signal d’accord. Et inversement, puisqu’il est communément admis aujourd’hui qu’une femme puisse prendre l’initiative de la démarche de la drague, n’en déplaise à certains hommes. Il s’agit là d’une simple affaire de codes à connaître et à comprendre pour éviter tout malentendu.


C’est en cela que la danse de la séduction est devenue aujourd’hui complexe et difficile à mettre en place : nous ne savons plus clairement lire les signaux qui nous indiquent si la personne a donné son accord ou non pour entrer dans le processus de séduction mutuel.


En effet, la phase de séduction peut être vue comme une danse à 4 pieds, 4 mains et 2 têtes : chacun fait un pas après l’autre, attendant de sentir si le/la partenaire suit dans ce mouvement, et si oui, alors le pas de danse suivant peut s’amorcer. Cela tout en douceur, sans pression ni obligation, comme une invitation à danser ensemble sur une musique douce, fluide et sensuelle.


A ce titre, la communication verbale et non-verbale a toute son importance lors de cette danse : un regard dans les yeux prolongé, une main qui traine sur le bras, un sms le matin au réveil, des échanges numériques réciproques, une invitation à se revoir dans un lieu public, un temps de parole équilibré, une curiosité mutuelle saine, un dévoilement de soi dans le respect du rythme de chacun,…


Arriver à danser ensemble dans une belle fluidité nous demande en parallèle de lâcher prise sur nos attentes, nos peurs, nos doutes, nos projections et idéalisations de l’autre personne. Cela nous invite à prendre en charge ce qui nous appartient, afin de pouvoir accueillir l’autre dans sa singularité et non dans nos projections du/de la « partenaire idéal.e ».


En outre, percevoir la séduction comme une danse à deux remet le/la partenaire dans un rôle de co-création et non de soumission ou d’objet. Cela lui rend sa capacité d’auto-décision sans aucune manipulation mentale, sa pleine souveraineté, son espace physique et psychique personnel, sans aucune prise de pouvoir. Si cette personne décide de danser avec nous, le bonheur en sera encore plus grand puisque cela signifie que l’attraction et le désir est réciproque et choisi librement, dans le respect de chacun. Cela permet de démarrer une relation saine entre adultes matures, ouverts à la découverte de l’autre et non pas afin de combler un manque ou une peur de la solitude.


Proposer de danser avec l’autre c’est aussi prendre un risque : celui de recevoir un refus. C’est accepter, non pas d’être « rejeté.e » mais de simplement ne pas être convié.e à danser. Cela nous demande d’être au clair avec nos blessures d’amour construites durant l’enfance (voir article : En quoi certaines blessures d’enfance influencent nos relations amoureuses ?). C’est faire face à nos éventuelles croyances limitantes telles que « Je ne mérite pas d’être aimé.e », « Je ne suis pas digne d’amour », « Je dois me battre pour être aimé.e » ou autre…. (voir post : Ces croyances inconscientes qui nous limitent en amour...). Si c’est le cas, n’hésitons-pas à consulter un.e thérapeute afin de nous libérer de ces croyances qui peuvent sérieusement freiner notre capacité à profiter des joies de l’amour à deux.


Enfin, n’oublions pas que tout le monde a besoin de partager de l’amour, d’être unique aux yeux de quelqu’un, d’être spécial.e et d'être vu.e tel.le qu’il/elle est. C'est le propre de l'être humain, que de créer des liens de cœur. Cette danse de la séduction peut aussi venir guérir et transformer des espaces de souffrances en espaces de joies et d’amours sincères, si les deux partenaires y consentent…




Pour aller plus loin :


- Article : Comment se rendre plus séduisant.e ?


- Consultations de love coaching à distance ou en présentiel à Bruxelles ;


- Événements de rencontre pour célibataires : les slow dating !




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