• Laurie D.

Les femmes, initiatrices de plaisir

Le mythe d’Isis et d’Osiris nous dévoile le mystère de l’énergie féminine qui insuffle la vie par la sexualité. Ce mythe fondateur, ainsi que les nombreuses pratiques de magie amoureuse dans différentes cultures du monde, nous montre comment la femme est l’initiatrice de la magie de l’amour. Ce chemin de la sexualité sacrée et de l’amour partagé est aussi une étape importante vers l’amour de soi.


En effet, dans ce mythe égyptien, Seth tue Osiris, le frère, mari et amant d’Isis et le démembre. Isis doit rassembler les morceaux d’Osiris et souffler sur la partie manquante pour le ranimer : son sexe. Grâce à son souffle, à sa connaissance de l’énergie sexuelle et vitale, elle le ramène à la vie. Historiquement, de nombreuses pratiques rituelles et magiques existent depuis l’Égypte ancienne pour favoriser le désir et unir un homme et une femme. Les femmes possédant cette science sont nommées « prêtresses » ou « initiatrices ». Ces femmes dédiées aux dieux de l’époque font vœux de virginité, de chasteté ou de célibat dans le but de se consacrer à la pratique rituelle en renonçant à la vie ordinaire. Elles initient les hommes venant aux temples à la sexualité sacrée, à l’amour spirituel, sans donner de préférence à l’un ou à l’autre et en n’ayant pas le droit d’avoir des enfants. Toutefois, il faut prendre garde de tout jugement car cette pratique ne correspond pas à la prostitution de nos sociétés contemporaines. Il s’agit plutôt d’un art, d’une forme d’enseignement, d’un apprentissage de la bonne circulation des énergies corporelles entre l’homme et la femme ayant pour but d’incarner l’essence divine sur Terre. Ces femmes sont le relais entre le monde spirituel et la matière, elles sont initiées à l’ésotérisme, la sensualité, l’érotisme des massages, des essences parfumées,… Selon Katia Bougchiche, psychothérapeute et guérisseuse initiée aux pratiques chamaniques, amazoniennes et amérindiennes, nombreuses femmes célibataires d’aujourd’hui le sont en souvenir inconscient de ce service au temple, n’arrivant pas à s’ancrer dans la matière par nostalgie de ce dévouement aux arts sacrés de l’amour. Accepter sa part d’animalité et d’apprentissage progressif par l’expérience de la sexualité peut faire partie du chemin pour ces femmes bloquées dans la mémoire du sacré. Ensuite, la pratique magique de l’amour engendre des formes de manipulations, de dépendances, d’obsessions lorsque la fusion sexuelle des êtres est passionnée. Les rituels d’enchantement détournent la route de l’être convoité en donnant l’illusion de le contrôler : diriger la vie de l’autre, forcer le cours des choses en son propre intérêt, telles les pratiques de magie amoureuse d’Afrique noire ou d’Amérique du Sud. En effet, ces sorcières modernes utilisent les rituels pour se défouler de leurs propres frustrations sexuelles ou amoureuses, ayant respecté « ce qu’on attend d’elles » dans la vie quotidienne ou le mariage. Elles connaissent la manipulation des fluides sexuels, du sang, de la fertilité et peuvent bloquer un être dans sa sexualité. Le principe est simple et basé sur les peurs : de la castration, de l’intrusion, le besoin de reconnaissance, la dépendance affective,… Mais la magie sexuelle peut être utilisée autrement, pour s’élever au-delà de ces bas instincts. En effet, cela demande d’opérer une évolution de la manipulation vers la conscience de l’amour. Le manque d’amour de soi peut provoquer une recherche de fusion extatique jamais inassouvie par l’amour de l’autre, ni à travers la sexualité. Cela maintient le faux espoir d’atteindre la fusion d’amour de soi grâce à l’autre, en oubliant que le chemin est de soi à soi. En effet, nous avons toutes et tous deux polarités à l’intérieur de nous : une polarité d’essence féminine et une polarité d’essence masculine. L’union sexuelle est une danse de ces quatre éléments, dans laquelle la polarité masculine est le feu et la polarité féminine est celle qui reçoit, qui accueille.


Certaines femmes peuvent être en souffrance face à cette attitude d’abandon et d’ouverture au masculin, qui, loin d’être passive, est en réalité un désir actif de recevoir, tel que le propose l’acte sexuel dans son sens sacré : lâcher prise, faire confiance que l’homme maîtrise son feu intérieur, se sentir respectée à chaque étape du processus, avoir confiance en sa propre capacité de mise de limites si nécessaire,… Avec toutes les mémoires plus ou moins conscientes d’abus et d’intrusions que la femme a pu vivre par le passé, provoquant de la confusion, de la culpabilité ou des difficultés à percevoir, sentir et accepter ses propres désirs. « Quand un être assume pleinement son désir, il est en capacité d’exprimer clairement ce qu’il veut sans colère, sans pression, sans fuite et sans gène. Il comprend qu’il s’agit de sa propre destinée intérieure à savoir les profondes affinités et passions qui le guident. Son chemin est unique et sa voie inaugurale : il devient en grandissant un être singulier. » (p. 248) Pour terminer, revenons au mythe d’Isis : cette dernière réunit toutes les parts de son masculin en assemblant le corps fragmenté de son mari et frère Osiris. Elle retrouve ainsi sa propre totalité en s’unissant à son amant, alliant le masculin et le féminin en elle-même. Retrouver l’unité de son essence est donc un chemin intérieur qui s’accompagne, à l’extérieur, par nos relations amoureuses, nous permettant de rassembler nos parts féminines et masculines selon les caractéristiques de nos relations avec nos conjoints passés, présents et futurs. Pour aller plus loin :


- Katia Bougchiche, « L’éveil des sorcières : Initiation au féminin des origines », Leduc.s Editions, 2019


- Consultations de love coaching (en présentiel ou à distance)



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