• Laurie D.

(Ré)inventons le couple et ses modalités


Aujourd’hui, à l’ère du numérique, des avancées technologiques et de la communication, nous arrivons également à l’ère des relations et des modalités de couple qui s’ouvrent un peu plus, avec notamment la reconnaissance légale d’une série d’états de faits qui, auparavant étaient « hors normes » du point de vue de la morale et « hors la loi ». Par exemple, les familles recomposées et multi-recomposées, les mariages mixtes et de même sexe, les unions à distance ou chacun chez soi, la co-parentalité sans être en couple, les mères porteuses, les parents solo,… ces nouvelles manières de vivre ou de ne pas vivre en couple sont mouvantes, s’inventent encore et se libèrent progressivement.



En effet, malgré le fait que ces modalités existaient déjà, elles n’étaient pas considérées comme « légitimes » ni aux yeux de la loi, ni aux yeux de la morale et encore moins aux yeux de la religion. Force est de constater qu’en cette période de changements, nous arrivons désormais à reconnaître ce qui est, de toute façon, présent au sein de notre société, même si cela ne correspond pas à notre vision du monde ou à notre schéma de pensée hérité de notre éducation. Même si cela sort de ce que notre société considère depuis des siècles comme étant « la norme », c’est-à-dire un couple hétérosexuel, marié, avec enfants et possédant une jolie maison (avec un chien en bonus).


Dès lors, nous sommes amenés à découvrir ce qui nous correspond vraiment, en amour et dans tous les domaines de notre vie. Nous sommes invités à sentir ce qui est bon pour nous et à créer la manière d’être en couple qui nous convient le mieux, même si cela signifie innover et sortir des sentiers battus. Heureusement, tous ces couples qui s’inventent et se réinventent chaque jour connaissent une reconnaissance grandissante de leur style de vie, propre à chacun et libre de (moins de) jugement.


De plus, il est intéressant d’observer ce qui se cache encore en nous par rapport à cette thématique. Sommes-nous dans le jugement de l’autre si son chemin est différent du nôtre ou de notre morale ? Sommes-nous envieux de sa liberté intérieure ? Sommes-nous confortables avec notre décision et nos limites dans le couple ? Est-ce que ces limites sont librement choisies ou nous sont-elles imposées moralement/religieusement? Est-ce que la proposition classique du couple nous correspond ? Si oui, comment l’assumons-nous ? Si non, comment avons-nous fait pour en sortir ? Vivons-nous des émotions de peur et/ou de culpabilité à avoir choisi une autre voie ? Avons-nous besoin d’une reconnaissance de la part du corps social concernant ce choix ?


Stéphane Rose, journaliste, auteur, chroniqueur et éditeur, nous partage son expérience et ses réflexions sur ce sujet dans son essai « En finir avec le couple ». Il observe que :


« le couple, fruit d’une « langue qui pense à votre place, donc d’autres que vous pensent à votre place » (…) nos mots d’amour ne sont pas le reflet de notre pensée propre, mais d’un logiciel politico-religieux commun destiné à contenir nos possibilités amoureuses et sexuelles dans un espace clos, alors qu’elles demandent par nature à jouir d’un territoire illimité. »


Définir nos propres règles au sein du couple est certes innovant mais peut être également angoissant. C’est paradoxalement effrayant de plonger dans l’inconnu et grisant de nous offrir la possibilité de créer ensemble ce qui convient aux deux partenaires sans plus obéir à « ce qui est attendu de nous par la société ». Cela ouvre des portes et permet d’expérimenter, d’inventer et d’explorer ce qui nous plait (ou pas). Cela nous offre la possibilité de transformer « les règles » en « nos règles », de les choisir ensemble, d’apprendre à se connaître l’un l’autre ainsi que l’un avec l’autre.


Ensuite, le modèle de couple qui nous est transmis de génération en génération nous proposait de figer l’amour plutôt que de l’ouvrir aux possibles (voir post : Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...). Un standard peut parfaitement correspondre à un couple et ne pas convenir à un autre, sembler trop large pour l’un ou trop étroit pour l’autre. Le cadre conjugal proposé ressemble plus à un vêtement à taille unique qui ne sait pas s’adapter aux individus qui le portent mais qui, parallèlement, demande à ces mêmes individus de s’y ajuster, au risque d’en souffrir profondément ou de vivre de la culpabilité de ne pas atteindre cet idéal. De quoi faire surgir de nombreuses blessures et émotions négatives dont on se passerait bien…


Par ailleurs, le couple n’a pas pour but « d’être réussi ». En effet, quels sont les critères de ce genre de réussite : le matériel et le tangible, l’intensité des émotions, la longévité de la relation, le nombre d’enfants,… ? (voir post : Faire durer son couple aujourd’hui : un rêve (im)possible ? ). Nous ne sommes pas dans une classe d’école primaire avec des gommettes vertes ou rouges. Les relations humaines sont fluctuantes et choisir de rompre avec une relation toxique (ou non) peut être vu comme une victoire sur soi et un grand pas dans le respect de nos limites, en lieu et place du jugement d’un échec amoureux. Chaque histoire nous amène une meilleure compréhension de nous-même, une ouverture de conscience et une possibilité d’évoluer. Pourquoi alors considérer une rupture amoureuse comme un échec ? C’est là encore la morale judéo-chrétienne qui juge et qui condamne, qui détermine à notre place ce qui est bien et ce qui est mal. Mais l’amour avec un grand A est ouvert et bienveillant, non-jugeant et respectueux, au-delà de ces considérations moralisantes.


Pour conclure, le couple, le mariage et la vie de famille ne se vivent pas pour se fixer à un modèle pré-défini. Car le principe même de la vie c’est le mouvement, l’adaptation, le changement, les cycles, l’évolution. Osons aujourd’hui, vivre notre couple avec ce pré-supposé du mouvement et de l’adaptation. Osons expérimenter nos relations amoureuses sous toutes ses formes, l’observer sous tous les angles, le tordre pour le détordre, tester un extrême et puis un autre. Osons explorer le cadre du couple pour trouver notre propre centre et non plus nous tordre pour tenter de nous ajuster au centre, à l’idéal ou au carcan imposé par un autre, quel qu’il soit.




Pour aller plus loin :


- Stéphane Rose « En finir avec le couple » Édition La Musardine, 2020 ;


- Consultations de love coaching à distance ou en présentiel à Bruxelles.



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