• Laurie D.

Vivre l’amour quand on est hypersensible, HP, neuro-atypique,…

La définition commune du dictionnaire concernant le terme « aimer » est « éprouver de l’affection, des sentiments envers quelqu’un ». Quand nous sommes hypersensibles, hauts potentiels ou neuro-atypiques (dys-, Asperger,…) aimer rime avec « s’inquiéter, s’oublier, prendre le risque de souffrir pour être dans un lien de qualité, voir uniquement le positif de la personne choisie » selon Claire Stride, coach spécialisée en accompagnement de personnes atypiques. Comment dès lors vivre une relation de couple épanouie ?



En effet, le « coup de foudre » dans sa version scientifique provoque en nous une perte de discernement, diminue notre vigilance et nous pouvons passer rapidement de l’euphorie au désespoir, tout cela guidé par la chimie de notre corps. Nous sommes attiré.e.s par une personne qui nous ressemble au niveau biologique et odorat (de manière tout à fait inconsciente), car nous possédons des phéromones en commun. L’adage « Qui se ressemble s’assemble » est on ne peut plus juste : si nous avons les mêmes habitudes alimentaires par exemple, nous dégagerons le même type d’odeur et serons attirés l’un par l’autre de manière inconsciente, mais bien réelle au niveau biologique (sur ce sujet, voir également le post Le mystère du coup de foudre dévoilé par la psychogénéalogie).


Mais lorsque nous sommes une personne hypersensible, HP, dys- ou Asperger, l’amour provoque aussi son lot d’émotions fortes, de romantisme, de désir du beau… Nous sommes plus enclins à aimer le fait d’aimer que aimer notre partenaire réellement. Nous sommes naïfs, crédules, fans des tragédies et des amours impossibles. Nous sommes accros aux émotions fortes de l’ascenseur émotionnel, nous partons très vite dans une projection du couple à long terme même si nous venons tout juste de la/le rencontrer. Nous recherchons la fusion dans le couple, l’âme sœur, la connexion spirituelle.


A contrario, « être aimé.e » ou « se laisser aimer » est beaucoup plus compliqué. Nous ne nous rendons pas compte de l’amour que l’on nous porte ne (re)connaissant pas les codes sociaux qui nous semblent un langage totalement abstrait et différent du nôtre. Cette difficulté à se laisser aimer provient notamment du fait que nous sommes remplis de peurs : rejet, trahison et abandon principalement (plus de détails voir post En quoi certaines blessures d’enfance influencent nos relations amoureuses ?), car depuis très jeune nous avons conscience de notre différence. Nous sommes malheureusement habitués aux réactions de la famille et de l’école envers notre particularité d’hypersensible, HP, dys- ou Asperger : nous avons très vite été confronté au rejet, qui a entraîné des expériences d’abandon, et dès les premières amitiés, nous avons expérimenté la trahison.


En effet, notre société contemporaine banalise la violence et ce, dès l’école maternelle. Quel parent n’a pas entendu de la bouche d’un enseignant « Votre enfant doit se durcir face à ses camarades de classe » ? Cette croyance est bien ancrée dans notre culture, nous amenant à nous construire dans un environnement violent humainement parlant. Ce qui nous crée des traumatismes qu’il s’agira de « traiter » en thérapie par après, en tant qu’adulte. Car une personne neuro-atypique ne supporte pas la violence gratuite et n’arrive même pas à la comprendre ni à imaginer que l’on puisse y prendre plaisir. Y être exposé.e et voir que la société l’autorise et la banalise est source de grande souffrance intérieure pour un.e hypersensible, HP, dys-, Asperger.


Ensuite, un enfant neuro-atypique donne sa totale confiance aux adultes qui incarnent pour lui la sagesse, le savoir, à défaut de se sentir en alignement avec les enfants de son âge. Les petits mensonges anodins du Père Noël ou de la Petite Souris peuvent être vécus comme une réelle trahison par l’enfant. A cela s’ajoute la pression sociale de la croyance magique que pour être heureux.se, il faut être en couple, et ce, relayé très tôt notamment par Disney (voir post Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...). Rien de tout cela ne permet à un.e neuro-atypique de se sentir à sa place, en confiance et en chemin vers le bonheur.


Car il est vrai que recevoir l’amour de l’autre cela s’apprend. Cela demande de s’autoriser à être aimé.e, de se détacher de l’avis de la masse car les neuro-atypiques se posent beaucoup plus de questions. Cela demande au partenaire d’accepter que l’on montre notre amour d’une manière différente, et cela nous demande d’apprendre à voir comment notre bien aimé.e nous offre son amour.


Par exemple, nous sommes très direct.e dans notre manière de parler, nous pouvons être envahissant.e dans notre affection, nous avons (un peu) trop d’attentes à devoir gérer, nous avons tendance à nous oublier complètement dans une relation, à désirer la fusion, l’intensité, donner tout de nous au partenaire, vivre des ascenseurs émotionnels et paniquer si un grain de sable s’immisce dans la relation.


Nous avons besoin d’être rassuré.e.s régulièrement, et nous avons à apprendre la juste distance : vivre dans notre bulle et avec notre désir de fusion, sans envahir l’autre. Nos attentes envers le couple sont étroitement liées à notre capacité à donner beaucoup de nous-même : nous avons à apprendre à donner moins ou à être conscient.e que le partenaire donne à sa mesure, et non en totale équilibre de notre don de nous-même. Par ailleurs, les hypersensibles vont être plus attentifs au bien-être du partenaire et les surdoués ont plutôt besoin de se sentir utiles dans la relation. Mais trop donner est aussi une manière de contrôler la relation…


Effectivement, notre peur du rejet provoque une forme de dépendance affective par manque de confiance en soi. Nous projetons également nos peurs sur l’autre, mais parfois il s’agit de réelles intuitions. Car en effet, nous avons une grande difficulté à écouter nos propres intuitions qui sont pourtant fortes, toujours par manque de confiance en nous… Nous ne sommes pas facilement à l’écoute de notre cœur, nous mentalisons l’amour plus que nous le vivons !


Concernant la séduction, nous ne comprenons pas les codes et nous n’aimons pas y jouer. Il est d’ailleurs assez probable que nous ne voyions même pas la discussion avec cette personne gentille et ouverte comme un acte de séduction, étant dès lors complètement surpris.e de l’aboutissement inattendu de l’interaction. Mais cette incompréhension génère du stress et joue beaucoup sur notre (in)capacité à se faire entendre et respecter lorsque c’est un « non » qui clôture le jeu de séduction. Cela donne lieu à devenir des proies faciles pour les manipulateurs, agresseurs sexuels et pervers narcissiques. En effet, ajouté à notre peur du rejet, cela nous fait accepter tout et n’importe quoi pour être dans une relation.


Comment faire alors pour filtrer mieux ce qui nous convient et se mettre en chemin vers une relation de couple épanouie ?


Tout d’abord, il s’agit d’aligner notre mental, notre cœur et notre corps. Ensuite, trouver notre propre définition de l’amour et décider ce que nous souhaitons vivre, peu importe les règles de société, les attentes de la famille ou la norme. Dialoguer et exprimer notre vérité lors de notre prochaine rencontre amoureuse pour être sûr.e de surfer sur la même longueur d’onde. Être prêt.e à écouter la vision de l’autre et accepter de ne pas entamer la relation si celle-ci n’est pas alignée avec la nôtre concernant le couple, la famille et les amitiés.


Puis, oser vivre notre différence comme une force et non plus comme un fardeau. Sortir de la dépendance affective, développer l’amour de soi et l’amour inconditionnel. Enfin, permettre au/à la partenaire choisi.e d’être vu.e et aimé.e pour qui il/elle est et non pour l’idée que nous nous faisons de lui/elle. Pour finir, ne donner de soi que ce qui déborde de notre réservoir d’amour et non plus le vider pour les autres. Cela nous permettra de ne jamais être vidé.e ni fatigué.e de trop donner. En effet, l’amour est deux unicités qui s’allient pour former quelque chose de plus grand, et non deux êtres qui fusionnent et s’oublient.



Pour aller plus loin :


- Groupe de parole mixte pour adultes présentant un haut potentiel ;


- Consultations de love coaching à distance ou en présentiel à Bruxelles ;


- Événements de Slow Dating à Bruxelles.


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